Fred, Hamza, Chris, Hatip, Clarisse et Mohammed ne sont pas des artistes professionnels. Pourtant, ils ont désormais une œuvre à laquelle ils ont contribué, exposée sur les murs d'un lieu qu'ils connaissent bien : le restaurant social de la Stëmm vun der Strooss, à Hollerich.
Tout a commencé le 21 mai, au skatepark de Hollerich. Ce jour-là, les six participants ont retrouvé Raphael Gindt, artiste luxembourgeois connu pour ses portraits urbains, pour une initiation au graffiti. L'occasion de découvrir une nouvelle pratique, de partager leurs idées et, surtout, de prendre part à un projet collectif.
Le résultat ? Une fresque colorée, réalisée avec les bénéficiaires puis installée au restaurant social de l'association. Une création qui prend une dimension particulière à l'occasion des 30 ans de la Stëmm vun der Strooss.
Une œuvre à laquelle chacun a apporté sa touche
Derrière les couleurs, l'initiative poursuit un objectif qui dépasse largement la décoration des murs. Elle permet aux participants de s'exprimer autrement, de découvrir leurs capacités et de voir leurs idées prendre forme dans un projet commun.
« De telles initiatives participatives offrent à nos bénéficiaires une belle occasion de s'impliquer activement, au-delà des services d'aide que nous proposons au quotidien », explique Stanley Beier, éducateur et initiateur du projet.
Car pour beaucoup, le restaurant social représente bien plus qu'un endroit où venir manger. « Pour beaucoup, les locaux de la Stëmm sont devenus un lieu où ils se sentent en sécurité et comme chez eux, et où ils passent du temps chaque jour », poursuit-il.
Trente ans de solidarité, et cinq projets culturels
Depuis trois décennies, la Stëmm vun der Strooss œuvre au Luxembourg pour favoriser l'intégration sociale et professionnelle des personnes défavorisées. Pour marquer cet anniversaire, l'association a décidé de donner une place particulière à la culture.
« Il s'agit du premier d'une série de cinq projets culturels particuliers que nous avons lancés depuis le début de cette année dans le cadre du 30ème anniversaire de la Stëmm vun der Strooss. À travers ces projets, nous souhaitons renforcer la solidarité envers nos bénéficiaires », précise Alexandra Oxacelay, directrice de l'association.
Cette première réalisation laisse déjà une trace bien visible à Hollerich. Mais au-delà de la peinture, elle rappelle surtout qu'un projet artistique peut être l'occasion de se rencontrer, de prendre confiance et de trouver sa place.
Et pour Fred, Hamza, Chris, Hatip, Clarisse et Mohammed, il y a désormais un petit morceau d'eux sur les murs de la Stëmm.