Un ancien cimetière a refait surface sous la place de la Résistance à Vianden, où plus de 150 squelettes ont déjà été mis au jour lors de fouilles archéologiques.
Sous le parking de la place de la Résistance à Vianden se cachait une partie de l'histoire de la ville. Plus de 150 squelettes appartenant à l'ancien cimetière de l'église des Trinitaires ont été découverts sur le site de la future auberge de jeunesse. Les fouilles, menées depuis août, pourraient permettre d'en apprendre davantage sur la population de Vianden entre le Moyen Âge et l'époque moderne.
Le ministre de la Culture, Éric Thill, s'est rendu sur place ce mercredi 23 septembre pour découvrir l'avancée des recherches menées par l'Institut national de recherches archéologiques (INRA). Il a qualifié la découverte d'« exceptionnelle », estimant qu'elle ouvrira la voie à d'importants travaux permettant de mieux comprendre les contextes historiques et sociaux du Luxembourg et de l'Europe médiévale.

Un ancien cimetière mieux conservé que prévu
Les premières recherches sur le site remontent à 2021. Lors de travaux destinés à installer un nouveau poste de transformation électrique, une fenêtre gothique avait été découverte, révélant la présence de niveaux médiévaux plus profonds qu'imaginé. Les investigations se sont ensuite poursuivies ponctuellement.
Il était toutefois supposé que la Seconde Guerre mondiale et les différents travaux réalisés au fil du temps avaient largement détruit les vestiges. Le sous-sol s'est finalement révélé beaucoup mieux conservé que prévu. La découverte de nombreux ossements humains a conduit à la suspension des travaux de construction en juillet dernier, avant le lancement de fouilles préventives en août.
Le cimetière était lié à l'ancien hôpital des Trinitaires. Il accueillait aussi bien des personnes prises en charge par l'établissement que des habitants de Vianden et a été utilisé jusqu'à sa disparition à la fin du XVIIIe siècle.

Ce que les squelettes pourraient révéler
Au-delà de la découverte elle-même, ces nombreux squelettes constituent une source précieuse pour les chercheurs. Leur étude doit permettre de mieux connaître la population de Vianden au Moyen Âge et à l'époque moderne, mais aussi ses conditions de vie et ses pratiques funéraires.
Les ossements seront nettoyés, séchés et préparés avant de faire l'objet d'une analyse anthropologique détaillée. Les spécialistes rechercheront notamment les anomalies, fractures et pathologies encore visibles sur les squelettes.
Pour Éric Thill, ces recherches montrent également l'intérêt des fouilles réalisées avant certains chantiers : « Ce projet illustre parfaitement la pertinence de notre législation en matière de fouilles archéologiques préventives », a souligné le ministre. Depuis une adaptation de la loi relative au patrimoine culturel en 2025, l'État prend en charge la totalité des frais engendrés par ces fouilles préventives.
Les recherches à Vianden devraient se poursuivre jusqu'à la fin de l'année 2026. Une fois les analyses terminées, les restes humains seront réinhumés dans le cadre d'un accord conclu avec l'Église catholique.
