Les habitudes de déplacement évoluent au Luxembourg : en huit ans, les trajets à vélo ont bondi de 81 % et ceux effectués en transports en commun de 22 %, tandis que la voiture individuelle perd progressivement du terrain.

Huit ans après une première grande enquête menée en 2017, Luxmobil s’est à nouveau intéressée à la façon dont résidents et frontaliers se déplacent au quotidien. Quelque 9 000 personnes ont participé à cette nouvelle édition, qui porte sur leurs déplacements durant les jours ouvrables, hors vacances scolaires.
Depuis la précédente enquête, le Luxembourg a beaucoup changé. Le pays compte près de 90 000 résidents et environ 50 000 travailleurs frontaliers supplémentaires. Dans le même temps, le tram est arrivé, le télétravail s’est développé et les réseaux de transports publics ont évolué.

Le vélo affiche la plus forte progression
Entre 2017 et 2025, le nombre total de déplacements a progressé de 14 %. Mais tous les modes de transport n'ont pas évolué au même rythme. Les trajets effectués à vélo ont augmenté de 81 %, ceux en transports en commun de 22 % et le covoiturage de 17 %. Les déplacements réalisés seul en voiture ont, eux, progressé de 7 %.
Cette évolution se retrouve dans la répartition des modes de déplacement, hors marche. La voiture individuelle reste largement utilisée, mais sa part recule de 55,7 % en 2017 à 52,5 % en 2025. Dans le même temps, les transports publics passent de 18,6 % à 20 %, soit environ 72 000 trajets supplémentaires chaque jour. La part du vélo progresse de 2 % à 3,2 %.
La marche occupe également une place importante puisqu’elle représente désormais 23 % de l’ensemble des déplacements au Luxembourg. Le ministère précise toutefois que ce chiffre ne peut pas être directement comparé à celui de 2017 en raison d'une différence de méthodologie.

Jusqu’à 2h20 de déplacements pour certains frontaliers
L’enquête permet aussi de mesurer le temps passé quotidiennement à se déplacer. En excluant les 12 % de résidents qui ne quittent pas leur domicile un jour ouvrable, les habitants du Luxembourg consacrent en moyenne 1h44 par jour à leurs déplacements.
Pour les travailleurs frontaliers, la durée peut être nettement supérieure. Elle atteint notamment près de 2h20 par jour pour ceux qui résident en Allemagne.
La satisfaction varie également fortement selon le lieu de résidence. Au Luxembourg, 77 % des résidents se disent satisfaits ou très satisfaits de leurs déplacements domicile-travail. Ce taux tombe à 56 % chez les salariés venant d’Allemagne, 55 % pour ceux venant de Belgique et 43 % pour les frontaliers français.
« Les résultats de Luxmobil 2025 démontrent que les transformations engagées ces dernières années portent leurs fruits. Le report modal vers les modes alternatifs à la voiture progresse, l'utilisation des transports publics augmente et les solutions de mobilité durable gagnent du terrain », souligne Yuriko Backes, ministre de la Mobilité et des Travaux publics.

Les résultats de Luxmobil 2025 serviront désormais à préparer le Plan national de mobilité 2040, dont la présentation est prévue en 2027. Une nouvelle enquête sera par ailleurs lancée le 21 septembre pour s'intéresser spécifiquement aux déplacements des résidents le dimanche.