Fournitures à acheter, cahiers à recouvrir, affaires à étiqueter ou formulaires à remplir : une étude de la Ligue des familles montre qu’en 2026, la préparation de la rentrée scolaire repose encore très majoritairement sur les mères.
La rentrée scolaire ne commence pas le jour où les enfants retrouvent leur classe. Pour les parents, elle débute souvent plusieurs jours auparavant, entre les achats de fournitures, les vêtements à prévoir, les cahiers à préparer, les documents administratifs et l’organisation des activités.
Une charge loin d’être anodine. Dans son étude « Le marathon de la rentrée scolaire », menée auprès de 980 familles et publiée en août 2026, la Ligue des familles s’est intéressée au vécu des parents durant cette période. Premier constat : plus de six parents sur dix se disent stressés ou débordés par la rentrée. 80 % des familles sont préoccupées par son coût et 94 % par le temps et l’organisation qu’elle nécessite.
Des tâches encore très largement assumées par les mères
Mais cette charge est loin d’être répartie équitablement au sein des couples. Selon l’étude de la Ligue des familles, dans huit familles sur dix, les tâches liées à la rentrée sont principalement ou totalement prises en charge par la mère.
La différence est particulièrement importante lorsqu’il s’agit de préparer concrètement les affaires des enfants. Dans 89 % des familles concernées, les mères assurent principalement ou exclusivement l’étiquetage des fournitures et des vêtements. Elles sont également majoritairement ou exclusivement chargées de recouvrir et plastifier les cahiers dans 81 % des cas et d’acheter les fournitures scolaires dans 80 % des cas.
Même constat pour les démarches administratives et l’organisation du quotidien : dans 79 % des familles, ce sont principalement ou exclusivement les mères qui remplissent les formulaires destinés à l’école et, dans 78 % des cas, elles prennent en charge l’inscription des enfants aux activités sportives, musicales ou artistiques.
Les réunions de parents sont la tâche la mieux partagée : dans 44 % des familles interrogées, les deux parents y participent autant. Malgré cela, la mère reste principalement ou exclusivement chargée de ces rendez-vous dans 52 % des cas.
Plus de stress et le sentiment d’être davantage débordées
Cette répartition se retrouve dans la manière dont les parents vivent la rentrée. D'après les résultats de la Ligue des familles, 65 % des mères se déclarent moyennement à très fortement stressées, contre 52 % des pères.
Elles sont également plus fatiguées : 52 % des mères se disent fortement à très fortement fatiguées à l’arrivée de la rentrée, contre 35 % des pères. Et 37 % se sentent fortement à très fortement débordées, contre 27 % des pères.
« On pouvait s’attendre à ce que les femmes prennent en charge une plus forte proportion des tâches liées à la rentrée, comme c’est malheureusement le cas pour toutes les tâches familiales, mais l’ampleur de ces inégalités, en 2026 encore, est particulièrement préoccupante », souligne Madeleine Guyot, directrice générale de la Ligue des familles.
Près de quatre magasins pour préparer une rentrée
La charge ne s’arrête pas à la répartition des tâches. Trouver tout le matériel demandé peut également prendre beaucoup de temps. En moyenne, les familles interrogées se rendent dans 3,9 magasins différents pour effectuer leurs achats scolaires. Un parent sur quatre en visite même cinq ou davantage.
Et plus les revenus diminuent, plus cette recherche s'allonge. Les familles disposant de moins de 2 200 euros par mois parcourent en moyenne 5,3 magasins, contre 4,1 pour celles dont les revenus se situent entre 2 200 et 5 000 euros et 3,3 pour celles qui disposent de plus de 5 000 euros mensuels.
La Ligue des familles avance une explication : les ménages disposant des revenus les plus faibles doivent davantage comparer les prix et rechercher les promotions pour limiter la facture.
La préparation peut ainsi s’étaler dans le temps. 37 % des parents interrogés déclarent y avoir consacré au moins plusieurs jours et, pour 8 %, elle a même nécessité une semaine ou davantage. Les familles nombreuses sont particulièrement concernées : 46 % y consacrent plusieurs jours au minimum.
Et si l’école fournissait davantage de matériel ?
Face à ce constat, la Ligue des familles défend le développement de la fourniture du matériel scolaire directement par les établissements. Pour l'association, la mesure permettrait non seulement de progresser vers une véritable gratuité scolaire, mais aussi de réduire la charge organisationnelle qui pèse sur les familles et, en particulier, sur les mères.
L’étude observe d’ailleurs des différences lorsque les établissements prennent en charge le matériel scolaire de base : les familles consacrent moins de temps à préparer la rentrée et doivent se rendre dans moins de magasins.
La Ligue des familles appelle donc à poursuivre le développement du dispositif au-delà des niveaux actuellement concernés et à garantir un financement suffisant aux établissements. Une proposition qui semble trouver un large écho auprès des principaux concernés : selon l’étude, 85 % des parents interrogés soutiennent l’extension de la gratuité des fournitures scolaires au-delà de la troisième primaire.